Volumes de garde élevés et repos limité. Interactions difficiles avec les médecins référents. Satisfaction et bien-être réduits. Selon une enquête nationale mesurant les perceptions des gardes des résidents, ce sont quelques-unes des expériences les plus couramment citées par les résidents en radiologie de garde.
L’étude, récemment publié dans CARJ, visait à en savoir plus sur la variabilité des structures de garde dans les établissements de radiologie canadiens et sur les perceptions des résidents dans ces programmes.
Dr Neel P Mistry de l’Université de la Saskatchewan faisait partie de l’équipe de recherche pour le projet.
« Nous avons reconnu très tôt que les structures de garde varient considérablement d’un établissement à l’autre, mais il y avait une pénurie de données nationales mettant en évidence ces différences », a-t-il déclaré. « En interrogeant des résidents de partout au Canada, nous voulions aller au-delà des anecdotes pour mieux comprendre les défis communs et identifier les tendances qui pourraient éclairer les améliorations tant au niveau institutionnel que national. »
Dr Mistry affirme que leur recherche a révélé que les résidents en radiologie canadiens connaissent régulièrement des volumes de garde élevés, un sommeil limité et des niveaux de supervision réduits.
« Ces facteurs étaient fortement associés à une satisfaction moindre à l’égard des gardes et à un bien-être réduit. Nous avons également constaté que les interactions avec les médecins référents étaient souvent perçues négativement, ce qui ajoutait un autre niveau de stress à l’expérience globale de garde. »

L’une de leurs constatations les plus frappantes, a déclaré Dr Mistry, a été d’apprendre combien de résidents ont déclaré dormir peu ou pas du tout pendant les gardes et à quel point cela était constamment corrélé à une satisfaction moindre et à une capacité réduite de fonctionner le lendemain.
« Un autre élément remarquable était la fréquence à laquelle le volume de garde était décrit comme difficile à gérer, même parmi les résidents plus avancés. La cohérence de ces préoccupations entre les programmes et les cohortes a mis en évidence qu’il ne s’agit pas de problèmes isolés ou négligeables. »
Dr Mistry espère que cette étude encouragera les résidents et les programmes de radiologie à réfléchir de manière critique à la façon dont les gardes sont structurées et consignées.
« Il existe des possibilités évidentes d’améliorer certains aspects tels que la répartition de la charge de travail, l’accès à la supervision et les temps de repos protégés. En fin de compte, l’optimisation de l’expérience de garde ne concerne pas seulement le bien-être des résidents, mais aussi la sécurité des patients, l’apprentissage et la création d’un environnement de formation plus durable. »
Pour Dr Mistry et les autres membres de l’équipe de recherche, cette étude était la première à être publiée dans le CARJ, un sentiment qu’il a qualifié de surréaliste.
« C’est extrêmement gratifiant. En tant que résidents, les gardes font partie intégrante de notre formation. Voir un projet qui reflète notre expérience vécue publié dans une revue nationale est donc à la fois valorisant et significatif. Il est particulièrement gratifiant de savoir que notre travail peut contribuer à élargir le débat sur la formation et le bien-être partout au Canada. »